Sarah Andelman, la cofondatrice de colette, explique ce qu’est une bonne collaboration selon elle

Au lendemain de la sortie de la NMD Hu en collaboration avec Chanel, Sarah Andelman, cofondatrice et directrice artistique de colette, s’exprime à travers une lettre sur sa vision de ses collaborations et sur la mode actuelle.

Vous ne pouvez pas faire une collaboration uniquement pour le buzz ou l’argent. Le résultat doit être quelque chose d’impossible à faire seule, et qui réunit le savoir-faire des deux parties.” C’est ainsi que la numéro 2 du concept store parisien définit le terme de collaboration. Créé en 1997, le store s’est très vite démarqué par cette volonté de créer des pièces diverses et variées. À l’époque, l’encore jeune directrice osait demander des pièces dans des coloris différents, ou parfois légèrement modifiés, car plus jolies en son sens.

Modeste dans son rôle, Sarah Andelman fera tout de suite appel à de “vrais créateurs” afin de travailler ses collaborations. Cherchant une vraie création, et non pas à simplement imposer un logo sur une pièce existante, le store français s’entourera très vite d’une pléiade d’artistes de tous horizons. La première collaboration dans cette ligne date de 2005 avec adidas, où Claude Closky, artiste plasticien, vient apposer de grossiers traits de marqueur sur les trois bandes iconiques.

 

 

Véritable pont entre les différents milieux, colette s’amuse également à associer des créateurs de haute couture à des marques de streetwear. Dès 2004, pour son pop-up avec Comme Des Garçons, elle réunit le célèbre Raf Simons et Vans sur un modèle Slip On réussi. Pour Sarah Andelman, la réussite d’une collaboration passe aussi par son côté surprenant : “Chaque projet doit être différent, en somme, un savant mélange entre son identité créatrice et la création sans limite“. Une philosophie que le shop, peu à peu devenu marque, s’est amusé à décliner avec des collaborations entre Playboy et Hello Kitty, ou encore au travers de son travail avec Pharrell Williams.

À moins d’un mois de la fermeture de son magasin parisien, la cofondatrice de l’enseigne du “cool parisien” revient sur sa vision de la mode actuelle. “Les jeunes font aujourd’hui peu de différences entre des marques comme Supreme et Louis Vuitton, ce qui n’était pas le cas il y a 10 ans, les collaborations ont permis de fusionner ces deux mondes“. Il semble également, selon elle, que ces collaborations sont plus dans l’intérêt des marques luxueuses, qui doivent y trouver un moyen de survivre à notre époque.

Finalement, après 20 ans de créations et d’avant-gardisme, on peut sentir une pointe de mélancolie dans les mots de Sarah Andelman, qui se dit fière que colette ait toujours su réinventer la collaboration, en ne se limitant pas aux textiles, mais en allant plus loin et en repoussant les limites de la collaboration, allant jusqu’à revisiter des voitures (Aston Martin, Smart) ou encore des boissons (Evian, Coca-Cola). Elle conclut sa lettre par ce qui pourra rester comme une belle devise et un avertissement envers tous les professionnels et amateurs du milieu : “Les collaborations sont partout“.