Les 5 films à ne pas manquer en février

Niveau cinéma, c'est un mois parfait

En pleine saison des Oscars, le mois de février est de manière générale très intéressant en terme de sorties cinématographiques. Réalisateur connu ou méconnu, films indépendants ayant enfin franchi l’Atlantique pour dévoiler leur potentiel, nous vous dévoilons aujourd’hui les films qu’il ne faut surtout pas rater.

If Beale Street Could Talk

Actuellement en salles

A la fin de l’année 2016, Moonlight était apparu comme un cadeau venu du ciel, véritable maîtrise artistique et émotionnelle. Inutile d’ajouter que If Beale Street Could Talk est dans cette lignée.
Cette-fois ci, l’histoire ne s’attache pas qu’à une seule personne. Elle fait le portrait d’un couple, éperdument amoureux, auquel les fragments passés et actuels de leur existence s’ajoutent pour ne forment qu’une quête : celle de d’un destin écrit à deux, envers et contre tout.
Fonny (inteprété par le saisissant Stephan James) est en en prison après une poursuite judiciaire douteuse à son encontre, alors que Tish (Kiki Layne, étonnante d’assurance) se démène à l’aide de sa mère et de ses soeurs pour changer le cours des choses.

La narration n’est plus linéaire comme dans Moonlight, mais multiple. Dans d’autres films, la recette paye parfois mais elle peut vite apparaître ennuyeuse. Ici, Jenkins renforce la connexion émotionnelle entre les deux personnages, mais également avec le public. L’enfance se confronte au monde adulte, l’amour se perd face à la haine. Les plans rapprochés fixes caractéristiques de Jenkins viennent saisir le spectateur, et les jeux de lumières s’associent à la musique qui suit presque chaque pas des protagonistes. La prose de Baldwin, l’auteur du roman dont est tiré le film, n’est pas seulement honorée, elle est chérie.

La bande originale, signée Nicholas Britell, y joue un rôle primordial. Profonde, envahissante, rappelant par moments les plus belles notes de Max Richter, elle sublime de manière spectaculaire les moindres parcelles de vie joyeuses ou éprouvantes rencontrées par le couple.. Un effort qui renforce d’autant plus la puissance émotionnelle du film, laissant paraître une déclaration profondément tragique sur la nature du racisme sans toutefois qu’il n’y ait recours au sentiment d’oppression, mais plus d’émancipation. Un bijou.

 

Wildlife

Actuellement en salles


Derrière la caméra pour la première de sa carrière, Paul Dano se défie. Une vingtaine de films au compteur, aux côtés des plus grands comme Paul Thomas Anderson ou Denis Villeneuve, l’adolescent renfermé du désormais classique Little Miss Sunshine gagne son pari.
Comme si il avait associé les différentes palettes émotionnelles engrangées au fil des tournages, pour n’en former qu’une seule. Simple, sans artifice, mais terriblement touchante.

L’histoire se déroule dans le Montana des années 60, au milieu d’une famille somme toute banale. Jusqu’au jour où Jerry (Jake Gyllenhaal: Enemy, Zodiac) décide d’accepter un emploi dans les forêts avoisinantes, au beau milieu des feux qui ravagent des hectares de terrain. Obligeant ainsi sa femme à lutter pour maintenir une vie de famille décente pour leur fils en étant seule, le film fait le témoignage d’une silencieuse et douloureuse crise existentielle partagée. Dano évoque d’ailleurs ce déchirement du point de vue du fils, tant par des plans fixes soulignant son mal-être à l’écart de ses parents que les conversations qu’il a avec chacun d’eux. Carey Mulligan (Une éducation, Drive) et Jake Gyllenhaal prennent parfaitement les traits des deux personnalités supposées lisses aux premiers abords, avant de prendre feu petit à petit, comme la forêt. Etonnamment, le jeune Ed Oxenbould parvient à parfaire l’oeuvre du haut de ses 17 ans, annonçant sans doute une carrière prometteuse.

 

Mandy

Sortie le 6 février


Mandy est un film que l’on peut catégoriser d’horreur (tout en ajoutant une nuance au terme) écrit et réalisé par Panos Cosmatos. Déjà remarqué à la sortie de Beyond the Black Rainbow en 2010, Nicolas Cage et Andrea Riseborough viennent ici lui prêter main-forte. Avec son allure de rêve hypnotique aux proportions cauchemardesques, propulsé par une performance folle de Cage, le film a tous les ingrédients pour devenir un film culte d’initiés.

En 1983, Mandy et Red vivent isolés dans les montagnes californiennes. Un jour, Mandy rencontre par inadvertance les Enfants de la Nouvelle Aurore, un culte dérangé de hippies qui kidnappe Mandy par la suite, envoyant ainsi Red dans une colère sadique.

Brutal, choquant, et magnifiquement réalisé, l’oeuvre semble avoir été fortement influencée par le travail de David Lynch, sans toutefois lui faire honte, bien au contraire.
Le jeu de lumières et la photographie donnent lieu à des passages sublimes que les amateurs d’art en général pourront apprécier. Les avis peuvent être mitigés selon la façon que l’on a d’appréhender un film.

 

Sorry To Bother You

Actuellement en salles

Sorry To Bother You est la première réalisation du musicien et ancien auteur-compositeur de films, Boots Riley. La mise en scène, les initiatives esthétiques et le scénario, prenant parfois à défaut le spectateur, pourrait le distinguer des autres films présents dans cette liste. Les personnages sont divertissants et tous uniques en leur genre. Ils sont interprétés par un casting exceptionnel : Lakeith Stanfield (Atlanta), Tessa Thompson (Westworld), Lily James (Baby Driver), Armie Hammer (Call Me By Your Name). Le montage explosif est combiné à une écriture cynique et fantastique, destinée à faire la satire d’une nation à la dérive sur les sujets raciaux. Une oeuvre toute aussi surprenante que réussie pour un premier coup d’essai.

 

The Favorite

Sortie le 6 février


L’impatience peut se définir par le temps d’attente qui sépare la sortie d’un film de Yogan Lanthimos de son prochain. Même si The Killing of a Sacred Deer n’est paru sur nos écrans que fin 2017, les jours paraissent longs depuis, comme si l’envie irrésistible de retomber dans les univers uniques du réalisateur grec se faisait ressentir.
Lanthimos impose un engagement permanent entre l’oeuvre et son public, à l’aide d’une construction complexe et métaphorique mettant en avant l’absurdité, la mythologie ou la philosophie. L’intrigue est non seulement à l’écran, mais aussi dans notre for intérieur, bouillonnante.

The Lobster avait déjà conquis les coeurs d’une majorité en 2015, lorsque Colin Farrell (David), jouait merveilleusement le portrait d’un individu lambda aux quêtes intérieures multiples. La force principale de Lanthimos est de créer en nous une réflexion personnelle, même après visionnage. En essayant de résoudre les énigmes liées à l’intrigue ou les questions existentielles soulevées par l’oeuvre, sa vision du cinéma nous possède et nous projette dans le temps. Soutenues par une photographie et une bande originale impeccables, ses longs métrages s’écrivent avec le temps d’une empreinte cohérente et remarquable.
Avec Emma Stone à l’affiche de The Favorite, accompagnée d’Olivia Colman, Rachel Weisz et du talentueux Nicholas Hoult, nous avons hâte de savoir par quel moyen Lanthimos va nous surprendre..

A voir également : Vice, Beautiful Boy, Green Book

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