Football et mode, les liaisons dangereuses

Édito
Chaque mois, l'équipe de Baby Rainbow nous livre son point de vue sur un des sujets du moment dans un édito tranchant.

Souviens toi quand le football n’était pas à la mode” chantait (presque) Booba. Cette époque parait désormais lointaine, tant football et mode ne cessent de se mélanger dans une multitude de projets plus ou moins réussis.

Pour comprendre cette relation complexe, il faut d’abord se pencher sur les hommes. Les footballeurs qui, soyons honnêtes, ont une fâcheuse tendance à s’habiller n’importe comment depuis la nuit des temps. Si à la fin des années 90-début 2000 les fautes de goûts pouvaient être expliquées par les tendances disons “originales” (le jacquard vraiment ?), on assiste avec la nouvelle génération à des styles proches du déguisement. De Djibril Cissé à Yohan Mollo en passant par Remy Cabella ou Dimitri Payet, on a la chance d’avoir en France un très gros vivier d’amateurs de mauvais goûts. Pourquoi diable cet amour pour Philipp Plein et les choses qui brillent ?    

La réponse est pourtant assez simple : LE RAP MA GUEULE ! Les maux stylistiques français viennent souvent de la proximité entre rappeurs et footballeurs. De Lacrim à Booba en passant par Kaaris et Jul, nos joueurs préférés reproduisent à tort le style de leurs idoles/amis. Un style qui, pour la plupart du temps, se limite à empiler les logos de marques de luxe sans vraiment se soucier de la cohérence globale de l’outfit. Se produit alors une sorte de mimétisme entre les joueurs dans le vestiaire, le bling bling devient une forme de norme et le pull Kenzo tigre se transforme par magie en quelque chose d’acceptable. 

Pourtant, certains essayent de sortir du lot. En tête de gondole, on peut citer l’espagnol Hector Bellerin, adepte des Fashion Week et des fringues de créateurs. Le latéral des Gunners s’est construit en quelques années une vraie crédibilité, au point de faire la une des magazines mode et d’être invité en front row à tous les défilés de Fashion Week. Du côté des tricolores, il faut noter le travail du Milanais Bakayoko et du fraîchement Monégasque Nkoudou, qui, s’ils s’appuient sur des marques connues des footballeurs, vont toujours chercher des pièces originales pour composer leurs tenues.

Les marques quant à elles, se frottent les mains. D’abord parce que les footballeurs n’ont jamais été aussi populaires, mais aussi et surtout, parce que le football n’a jamais fait gagner autant d’oseille. On assiste depuis quelques années à une évolution de l’utilisation du foot par la mode. Si dans les années 90 et 2000 le footballeur était utilisé comme un simple égérie (GinolaBeckhamZidane), aujourd’hui la mode utilise le foot comme un vecteur d’inspiration. De COMME des GARÇONS en 2013, à Vetements en 2015 ou Koche en 2018, l’avènement du streetwear à rendu le meilleur sport du monde désirable auprès de l’industrie fashion.


Ainsi, le maillot de foot est désormais accepté hors des carrés verts comme une pièce de mode classique, du jersey Red Star floqué Vice au superbe maillot Nike de la sélection nigériane, en passant par ceux du designer/pointeur Gosha Rubchinskiy, on aperçoit aujourd’hui autant de maillots dans les rues que de survêtement de Dortmund au stade Vélodrome. 

Preuve que le football, longtemps considéré comme la lubie des “beaufs” s’est parfaitement intégré aux différents codes de la street culture. 

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