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Comment l’industrie de la mode peut empêcher l’esclavage moderne

Même si la mode peut et doit être plus éco-responsable, ce n’est malheureusement pas la seule problématique grave sur laquelle doit se pencher cette industrie qui pèse quasiment 300 milliards de dollars. Outre la question de son impact sur l’environnement, la mode a en effet tout intérêt à s’attarder sur les conditions de travail dans de nombreuses usines, majoritairement situées en Asie. Selon le Global Slavery Index, plus de 40 millions de personnes à travers le monde (dont 71% de femmes) sont victimes d’esclavage moderne. Du côté de l’ONG 50ForFreedom, le constat fait est encore plus alarmant : jamais, dans l’histoire de l’humanité, a-t-on dénombré autant de personnes en situation d’esclavage.

Selon une étude menée par l’association KnowTheChain, 24 entreprises majeures dans l’industrie de la mode n’assurent pas des conditions de travail décentes aux employés de ses usines, de Louis Vuitton à Prada, en passant par Sketchers. Le benchmark effectué par cette ONG luttant contre les situations d’esclavage moderne est pour le moins très inquiétant. Pour l’institut Freedom Fund, la solution pour combattre ce fléau est simple : les grandes marques de la mode doivent investir dans les ONG. Cet organisme a en effet mené une enquête en Inde, afin de démontrer que l’exploitation illégale et esclavagiste d’êtres humains peut drastiquement baisser avec en offrant des moyens nouveaux aux organisations non-gouvernementales liées à cette problématique.

Pour cela, le Freedom Fund a réparti 15 millions de dollars d’investissement entre 40 ONG locales, ce qui a permis en quelques mois de réduire les abus au travail, de consolider les droits des employés et de mener à bien des réformes structurelles empêchant l’esclavage moderne dans les usines textile situées sur le continent asiatique. Pour Yuki Lo, l’un des membres de Freedom Fund à l’origine de cette étude, de nombreuses grandes marques ont une attitude complètement irresponsable en termes d’achat et de production, ce qui entraîne souvent des cas d’esclavage moderne afin de satisfaire une demande toujours plus grande chez le consommateur.

Selon Lo, c’est tout le système de la mode en tant qu’industrie qui se retrouve vicié : “De plus en plus, le succès des marques dépend de leur capacité à produire quelque chose de nouveau pour faire face à la demande de ses clients, ce qui provoque des commandes toujours plus précises et des délais toujours plus courts. De leur côté, les fournisseurs de ces grande marques imposent une pression dingue à leurs employés, afin que ces derniers travaillent plus longtemps, plus dur, bien au-delà de la limite légale. C’est là que l’exploitation prend source.” Le chercheur conclue, en expliquant que la mode peut et doit changer au plus vite : “Il ne devrait pas y avoir de disctinction entre la mode éthique et la mode normale… L’industrie de la mode doit comprendre que des gens sont actuellement exploités pour la faire tourner. De leur côte, les consommateurs doivent aussi s’interroger sur leurs habitudes de consommation, afin de faire des choix d’achats plus réfléchis et surtout, d’acheter moins souvent.”