Il y a une semaine, le NBA Paris Game embrasait la capitale

Retour sur un événement historique.

Photo : Catherine Steenkeste/NBAE via Getty Images

Le basketball vient de vivre une semaine étrange. Il y a pile sept jours, la grande ligue faisait vibrer l’Hexagone en offrant à la France le tout premier match de NBA de son histoire. Une grande fête du basket, qui, en plus d’opposer les Milwaukee Bucks aux Charlotte Hornets, a réuni les plus grands noms du sport français. Moins de soixante-douze heures plus tard, la légende des Lakers Kobe Bryant perdait la vie dans un accident d’hélicoptère, en compagnie de sa fille Gigi et de huit autres personnes. Un drame qui a traumatisé la planète basket, plongeant la NBA dans le désarroi le plus total. Le Black Mamba laisse derrière lui un immense vide, mais aussi un héritage intemporel et une mentalité à part entière. La semaine fut donc difficile pour de nombreux amoureux de la balle orange. Néanmoins, on ne peut ne s’empêcher de penser que Kobe a dû éprouver une certaine fierté vendredi dernier, en voyant “sa” ligue s’exporter en France. Une ligue aujourd’hui si populaire à l’international en partie grâce aux exploits répétés du Black Mamba pendant plus de 20 ans, qui auront marqué toute une génération au fer rouge.

Il n’y avait qu’à voir l’effervescence qui s’était emparée de Paris à quelques jours du match. Dès l’arrivée des deux équipes sur le sol français, le grand cirque médiatique était lancé. Les Bucks vont faire des jongles sur la pelouse du Parc des Princes, tandis que les Hornets posent aux côtés des joueurs du PSG à l’occasion de la présentation d’un nouveau maillot du club de la capitale. Du côté de l’avenue Montaigne, Louis Vuitton présentait la malle qui accueillera désormais le trophée Larry O’Brien, sous les yeux émerveillés de la légende Kareem Abdul-Jabbar et de celui qui a tout pour en devenir une, Giannis Antetokounmpo. Dans le Marais, la NBA House permettait aux curieux de venir découvrir l’univers de la ligue dirigée par Adam Silver. Et le vendredi 24 janvier, tous les regards se braquaient vers l’AccorHotels Arena.

Dès 19h, la foule se fait déjà imposante aux abords de l’enceinte qui va accueillir le NBA Paris Game. En coulisses, des centaines de journalistes venus du monde entier vont et viennent entre la salle de presse bondée et le parquet flambant neuf de la salle parisienne. Le Greek Freak s’entraîne en solitaire à quelques mètres de nous, enchaînant les tentatives à trois points. Des dizaines d’iPhone capturent le moindre des mouvements de celui qui sera la véritable attraction de la soirée. Un peu loin, Marco Verratti et Thiago Silva enchaînent les selfies avant de prendre au premier rang, avant d’être rejoints quelques instants plus tard par l’argentin Mauro Icardi. Sur le parquet, Tony Parker discute avec ses anciens coéquipiers de Charlotte. De l’autre côté du terrain, Stéphane Ashpool échange avec quelques amis, veste Pigalle x Nike sur le dos, tandis que Benjamin Mendy plaisante avec Vegedream. Le match ne commence que dans une heure mais l’AccorHotels Arena se remplit à vitesse grand V.

Photo : NBAE / Getty Images
Photo : NBAE / Getty Images
Photo : NBAE / Getty Images

À 20 heures, Adam Silver convoque en salle de presse les quelques 300 journalistes présents pour l’occasion. Le commisionner est accompagné de Marc Lasry, co-popriétaire des Bucks, et surtout de His Airness en personne, Michael Jordan. Après avoir confirmé que la NBA reviendra bien à Paris en janvier prochain et laissé l’owner de Milwaukee s’exprimer dans un français presque parfait, c’est bien l’ancienne star des Bulls qui est au centre de l’attention. Successivement, le propriétaire des Hornets clame son amour pour la capitale, la mode, le PSG et les bonnes tables. Il glisse également que le niveau de la NBA n’a jamais été aussi élevé et qu’il adore l’évolution qu’a connu son sport au cours de la dernière décennie. Impressionnant de charisme, le GOAT fait rire aux éclats son auditoire lorsqu’on lui pose une question sur LeBron James. “Quel est le nom que vous m’avez dit ? Qui ? Ah LeBron ! Il joue ce soir ?” lâche Jordan avec un sourire en coin, avant de rendre un très bel hommage au King. L’ancien numéro 23 conclue son show en expliquant que les joueurs européens ont profondément fait évolué la NBA et que maintenant, les américains doivent leur répondre.

Alors que le match s’apprête désormais à démarrer, le public français rend hommage à David Stern, le commissionner mythique de la NBA décédé en début d’année. C’est ensuite au tour de Tony Parker d’être ovationné par l’AccorHotels Arena. Comme le veut la tradition, l’hymne américain précède le tip-off, tout comme La Marseillaise interprétée à la guitare électrique. En courtside, Jean-Michel Aulas prend place aux côtés de TP, tandis que Neymar et Mbappé font crépiter les flashs aux côtés de la star du judo Teddy Riner. On aperçoit même un Éric Judor qui semble avoir du mal à canaliser l’excitation de son petit garçon. Le coup d’envoi est donné, pour un match qui ne restera pas dans les annales de la NBA. Disputé sur un faux rythme pendant près de trois quart-temps, l’opposition entre Bucks et Hornets tournera à l’avantage de Milwaukee en fin de match. Une déception pour une équipe de Charlotte qui aura mené pendant tout le match et une démonstration de la force tranquille de la team emmenée par un Giannis sûr de son fait.

Photo : Catherine Steenkeste/NBAE via Getty Images
Photo : Catherine Steenkeste/NBAE via Getty Images
Photo : Catherine Steenkeste/NBAE via Getty Images

Les quelques 18 000 fans présents pour l’occasion ne manquent pas d’ovationner Nicolas Batum à chaque lancer-franc, tandis que le Greek Freak shoote au son des chants “MVP ! MVP !” Les divers temps morts sont par ailleurs l’occasion de rendre hommage à des légendes du jeu, comme Kareem Abdul-Jabbar ou Dikembe Mutombo, particulièrement salués par le public parisien. Si Milwaukee s’impose finalement 116-103 et continue sa saison en tout point exceptionnelle, l’essentiel est ailleurs. La France a prouvé qu’elle savait organiser une grande fête du basket et qu’elle était un pays qui vibrait intensément pour la balle orange. Une passion dévorante qui n’aurait certainement pas déplu à un certain Kobe Bryant.