Il y a 5 ans, PNL entamait son ascension avec “Que la Famille”

Le projet fête son cinquième anniversaire aujourd'hui.

pnl que la famille album
Photo : The Fader

Le 22 mars 2019, PNL envoyait un message au monde en trônant sur la Tour Eiffel. Une ascension aussi impressionnante que fulgurante. Car quatre ans auparavant, le duo des Tarterêts n’était encore connu que par une minorité d’accrocs au rap français underground. Le 2 mars 2015, il y a cinq ans tout juste, deux rappeurs de Corbeil-Essonnes sortaient en effet le projet Que la Famille, sous le giron d’une formation nommée PNL. Une mixtape de 12 titres, aujourd’hui considérée comme la carte de visite des sonorités qui allaient bouleverser le paradigme du rap français de la deuxième partie de la décennie. À l’époque, le grand public et les médias ne connaissent rien d’Ademo et N.O.S. Si il faudra attendre la sortie de l’album Le Monde Chico (2015) pour que la popularité de PNL explose réellement, Que la Famille est bien l’oeuvre qui a posé les bases de la domination absolue des frères Andrieu.

Encore loin de son extraordinaire richesse sonore actuelle, le rap français de 2015 voit débarquer un véritable ovni avec le premier projet de PNL. Loin de l’egotrip opulent et des sonorités guerrières de la trap qui règnent en maître, Tarik et Nabil Andrieu optent pour une véritable mise à nue sur une poignée de type beats sélectionnés sur YouTube. Les deux frères décrivent ainsi leur quotidien déprimant de dealers de la cité des Tarterêts, entre ennui profond et doute existentiel. La plume de PNL se veut alors complexe, en adoptant une posture originale de voyou blasé et obsédé par l’argent, néanmoins prêt à tout pour sa famille et ses proches. Le deal, la solitude à deux, la mélancolie, la violence et les rêves de grandeur ont toujours été les lignes directrices des textes de PNL et Que la Famille est est la preuve irréfutable. C’est également via ce projet que le duo introduit ses références culturelles immuables, de Simba à Mowgli en passant par Végéta, ainsi que ses expressions fétiches et ses onomatopées désormais cultes.

Innovant sur le fond, Que la Famille l’est avant tout sur la forme. C’est avec ce projet qu’Ademo et N.O.S présentent au public français leur appropriation des sonorités vaporeuses du cloud rap, un genre alors déjà très en vogue aux États-Unis. Les productions se veulent lentes, planantes, éthérées. L’auto-tune est quant à lui maîtrisé, un fait encore rare pour l’époque, tout en servant de socle aux propos désabusés des deux rappeurs du 91. Inutile de le nier, PNL n’a rien inventé. Le duo a néanmoins su réinterpréter les nappes synthétiques du rap US pour les associer à des textes travaillés et surtout très personnels. Enfin, comment ne pas penser aux nombreux clips qui accompagnent Que La Famille ? “Différents”, “Je vis, Je visser”, “Gala Gala”, “La Petite Voix”, “J’comprends pas” et “Simba” ont tous droit à leur transposition visuelle, qui démontrent déjà un goût prononcé pour la narration et l’esthétique cinématographique.

Désormais certifié disque d’or et considéré comme un projet réussi, Que la Famille est pourtant l’oeuvre la moins aboutie de l’excellente discographique de PNL. Paradoxalement, ce projet est certainement le plus important de la carrière d’Ademo et N.O.S, tant il a permis de bâtir les fondations de ce qui allait devenir le plus grand phénomène musical de la dernière décennie.

Que la Famille est à (re)découvrir dans son intégralité ci-dessous.

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