Un artiste accuse Virgil Abloh de plagiat et dévoile un document retraçant “tout ce qu’il a volé”

Des éléments accablants.

Virgil Abloh plagiat copie off-white
Photo : Christian Anwander

Virgil Abloh essuie actuellement une pluie de critiques suite à sa cover de l’album posthume de Pop Smoke jugée trop laide. Ce bad buzz s’ajoute à une série scandales plus ou moins gros autour de sa personne, mais il a surtout été l’occasion pour ses détracteurs de revenir à la charge concernant les accusations de plagiat dont il fait l’objet depuis plusieurs années.

En effet, si le Directeur Artistique de Louis Vuitton est perçu par de nombreuses personnes comme un copieur, cela s’explique par sa ligne d’inspiration qui flirt bien trop souvent avec le plagiat. L”un des “lanceurs d’alerte” se nomme ici @Diet_prada qui avait relevé les similitudes frappantes entre une combinaison jaune à graffitis d’Off-White, présentée lors de la collection Automne/Hiver 2019-2020, et celle de la marque COLRS du créateur Punkzec, que Virgil avait déjà rencontré par le passé.

Aujourd’hui, c’est au tour de l’artiste conceptuel Ryder Ripps de sortir de son silence avec un impressionnant dossier de vingt pages regroupant l’historique complet des « vols » de Virgil Abloh dont il est la victime. Un réquisitoire qui a l’effet d’une bombe, introduit par les mots suivants : « Cet homme m’a pris le concept de la rose chromée, l’a gâchée avec un graphisme négligent et a ensuite écrit des conneries à ce sujet. C’est tellement triste que quelqu’un se soucie si peu de l’art, du design et de la mémoire d’un être humain qui était si aimé qu’il a enveloppé son nom dans le mensonge et le vol ». Des mots forts qui ne laissent présager de virulentes accusations.

Dans ce dossier explicitement intitulé « VIRGIL ABLOH THEFT OF RYDER RIPPS / VERSION – 01 », le Ryder Ripps va droit au but. On apprend tout d’abord que les deux hommes se connaissent très bien, puisque la marque BEEN TRILL, fondée en 2010 par Abloh, Matthew Williams et Heron Preston, avait fait appel en 2013 à Ripps pour la conception de leur site web. Virgil et Ryder ont également tous deux travaillé avec Kanye West, et ils font partie d’un réseau au sein duquel tout le monde semble très bien se connaître. Les relations entre les deux créateurs étaient donc courtoises jusque-là, mais les ennuis ont commencé lorsque Virgil a décidé, d’après Ripps, de ne plus le payer pour ses créations et de se contenter tout simplement de copier son travail.

Et force est de constater que les ressemblances entre les produits de Ryder Ripps et ceux d’Off-White sont on ne peut plus évidentes. Par exemple, Ripps affirme que l’idée d’inscrire le nom de l’article sur l’article en question ( « SCARF » sur une écharpe) provient bel et bien de lui, et il en a la preuve. Alors que ce nouveau concept, qui est rapidement devenu l’ADN de la marque, avait valu à Virgil Abloh de nombreuses louanges de la part de la quasi-totalité du monde de la mode, il avait en réalité déjà été utilisé par Ripps dès 2015.

Dossier “Virgil-Ripps-v01”

Cet exemple est loin d’être l’unique argument apporté par Ryder Ripps, puisqu’il énumère une suite d’exemples qui incriminent Virgil Abloh selon lui. Des imprimés sur les items au design de sa boutique, Ripps passe tout au peigne fin. Ce dossier raisonne ainsi comme un cri de détresse, une alerte lancée par un artiste qui estime s’estime probablement avoir été trop longtemps trompé et volé. Le Directeur Artistique de Louis Vuitton a été qualifié de créateur innovant, original, créatif, pendant que Ripps, au minimum une énorme source de son inspiration pour lui, demeurait dans l’ombre.

Dans une interview accordée au magazine Vogue, Virgil Abloh avait déjà indirectement évoqué le sujet et semblait déjà plus ou moins s’en justifier à l’époque : “Je ne pense pas que la culture bénéficie du fait qu’une ligne dessinée sur une feuille blanche n’ait jamais été dessinée de la même manière auparavant. Mon objectif est de mettre des choses en lumière, c’est pour ça que je collabore beaucoup, que je référence beaucoup et c’est ce qui caractérise mes créations“. Cependant, là où Abloh peut être blâmable, c’est justement sur son manque de transparence vis-à-vis de ses sources d’inspirations et de ne pas reconnaître ceux qui lui ont, directement ou indirectement, permis d’être ce qu’il est aujourd’hui. Comme cela semble être le cas de Ryder Ripps.

Jusqu’ici, Virgil Abloh n’a pas réagi à ces différentes accusations.

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