EDGE : “Le rap c’est une forme de combat contre moi-même”

Entretien avec un rookie qui a marqué des points en 2020.

edge interview rap français off
Photo : @ojoz

Entre des featurings avec Jazzy et Bazz et Deen Burbigo ainsi que la sortie de sa première mixtape OFF, EDGE a connu une belle année 2020. L’occasion de faire le point sur son beau début de carrière, son univers ou encore de l’importance de la musique dans sa vie. Entretien.

Tu peux te présenter ?

Moi c’est EDGE, rappeur du XIXème. J’fais du rap depuis 2017 et j’appartiens au label Goldstein Records, que j’ai monté avec mon producteur/ingénieur Johnny Ola.

Tu as sorti OFF, ta première mixtape, au mois de décembre. Est-ce que tu en as tiré un premier bilan ?

J’en ai tiré un bilan très positif parce que j’ai de très bons retours. Ça donne de la force pour la suite et ça fait du bien parce que chronologiquement c’est le premier projet sur lequel j’ai bossé. Le morceau “Kylie Jenner” remonte à 2017 et pour le reste tout s’est fait entre 2018 et 2019. C’est un projet qui était dans le four depuis un moment, donc j’avais hâte de le sortir. À force d’attendre pour sortir des morceaux, tu as plus de pression, tu te poses plus de questions. Donc j’étais soulagé de les sortir.

Le rap c’est une forme de combat contre moi-même où je me dis : ‘Écoute si tu veux faire quelque chose, tu peux pas rester dans ton coin. Tu peux pas faire le mec réservé.’

Au sujet de son caractère réservé

Que ce soit dans ton univers visuel ou ta D.A, tu as l’air très inspiré par la nuit. C’est ton moment de création privilégié ?

Pour OFF oui, carrément. On l’a travaillé la nuit, on a été inspiré par cette ambiance, mais même dans ma vie c’était une période assez sombre et donc ça s’est ressenti sur le projet. Mon état d’esprit plus l’ambiance nocturne fait que ça a donné cette identité à OFF. Pour le prochain projet, que j’ai commencé à travailler en 2020, musicalement j’essaye d’apporter plus de gaieté. Je garde cette identité brumeuse qui fait partie de moi, mais ça sera moins sombre. Non pas que je fais de la zumba (rires) mais là c’est déjà dur pour tout le monde la période, si en plus tu en rajoutes une couche avec la musique c’est trop.

La nostalgie est également une facette importante sur OFF, est-ce que c’est quelque chose que tu exprimes seulement dans ta musique ou ça fait partie de ta personnalité dans la vie de tous les jours ?

Dans la vie de tous les jours je suis assez mélancolique. Vraiment c’est un trait de caractère, j’ai toujours eu ce spleen constant qui m’habite. Je suis quelqu’un d’assez réservé, qui cogite énormément… et donc ça va avec le fait d’être nostalgique, de penser aux souvenirs. Ça va aussi avec le fait d’être réservé.

Y’avait forcément de la pression, c’est Bigo, c’est quelqu’un.

Au sujet de son featuring avec Deen Burbigo

Mais le fait d’être réservé ça rend pas très difficile le fait de faire de la musique où tu te livres ?

Au final pas du tout, parce que c’est ce qui me permet d’évacuer. Le rap c’est une forme de combat contre moi-même où je me dis : “Écoute si tu veux faire quelque chose, tu peux pas rester dans ton coin. Tu peux pas faire le mec réservé.” Donc le fait de faire du son, c’est ce qui me permet d’aller à l’encontre de moi-même. De me pousser dans mes retranchements. Et je kiffe parce qu’au final depuis que je fais du son, je suis beaucoup plus épanoui dans ma vie. C’est un exutoire. C’est fou de se dire que c’est plus facile de se livrer dans la musique que dans la vraie vie. Pourtant c’est le cas.

Dans ton entourage musical, il y a quelqu’un qui semble important pour toi c’est Jazzy Bazz. C’est quoi votre relation ?

C’est un ami avant tout, mais c’est aussi un conseiller très important. Il a pris ce rôle de conseiller non seulement parce que quand t’es pote avec quelqu’un tu veux le meilleur pour lui, mais aussi parce qu’il a une grosse expérience du milieu. C’est important pour moi d’avoir soutien.

T’as récemment eu l’occasion de collaborer avec Deen Burbigo sur le morceau “Piège à loup”. Le feat s’est fait comment ?

À la base c’est un morceau qu’il m’avait fait écouter il y a pratiquement un an, il y avait pas encore de refrain et la structure était différente. Mais j’avais cassé ma tête dessus, je trouvais ça trop chaud et donc je lui ai dit que je kiffais. Quelques mois plus tard, je lui ai demandé si il avait terminé le morceau et il m’a expliqué qu’il galérait à le terminer. Du coup il m’a proposé de faire une session studio, si jamais j’avais des idées pour le boucler.

Du coup on s’est vu en studio, j’ai fait une topline et je pensais qu’il allait aller enregistrer donc j’attendais. C’est à moment qu’il me dit : “Mais gros tu fais quoi ? Je t’ai pas invité pour une topline, je veux que tu poses dessus.” Et là c’était un délire parce que j’étais pas préparé à ça.

Est-ce que y’a une forme de “coup de pression” à ce moment, du fait de feater de manière inattendue avec un rappeur aussi expérimenté et reconnu ?

Ah mais tu peux enlever les guillemets. Il y avait forcément de la pression, c’est Bigo, c’est quelqu’un. J’avais pas imaginé poser dessus, donc le fait qu’il m’invite sur son album, forcément c’était quelque chose. Mais c’était de la bonne pression.

Et quand l’album est sorti, t’as senti qu’il se passait quelque chose autour de toi du fait que t’étais en feat dessus ?

Ouais j’ai reçu pas mal de messages, c’était cool. Je pense surtout que ça a rendu des gens curieux sur ma musique, et ça c’est le plus important. En plus c’était juste avant la sortie de OFF, donc j’étais dans une super dynamique.

Maintenant c’est quoi la suite pour 2021 ?

Je travaille sur un troisième projet qu’on est en train de finaliser, donc j’espère qu’il verra le jour en 2021. Et avant ça, y’a une belle surprise qui va arriver mais je veux pas en dire plus. Faudra être à l’affut.

La première mixtape de Edge intitulée OFF est à retrouver sur toutes les plateformes de streaming.