Figure de proue du rap suisse, Makala brise un long silence cette année avec Yamoto, un projet intime plongeant dans ses racines et son enfance genevoise aux Avanchets. Porté par une ambition sans bornes, l'artiste compte bien laisser une empreinte indélébile sur la musique et montera sur la scène du Zénith de Paris en novembre prochain.

On a le sentiment que 2026 est une année charnière pour toi : tu es plus présent publiquement, tu te livres davantage, et tu t'attaques au Zénith. Est-ce que tu ressens toi-même ce tournant dans ta carrière ?
C’est toujours la première fois pour moi et ce sentiment continue à s’intensifier.
En parlant du Zénith, la fosse est déjà sold out. Qu'est-ce que ça te fait de te préparer à jouer dans une salle aussi grande et mythique ?
Chaque jour compte avant le Zénith je vais faire en sorte de rendre la salle encore plus mythique qu’elle ne l’est déjà, par la grâce de Dieu.
Yamoto est un projet relativement court, mais c'est sans doute celui où tu te livres le plus sur ton enfance, ta famille et tes racines congolaises. Qu'est-ce qui t'a poussé à aborder ces thèmes intimes précisément maintenant ?
Pendant longtemps j’ai regardé devant. Ce projet m’a obligé à regarder derrière.
Comment tu perçois Yamoto dans ta discographie globale ? Le considères-tu plutôt comme un préambule à ton prochain album ou comme un projet à part entière ?
« Makala Yamoto » signifie le charbon ardent en lingala. Ce projet m’a aidé à assumer ma flamme.

Le titre Loketo s'est imposé au fil du temps comme un véritable hymne dansant et fédérateur. Était-ce ton ambition première lorsque tu as composé ce morceau ?
Non, je ne pensais pas à ça. Loketo ça veut dire le bassin. Et finalement, tout part de là. Je pense que c’est pour ça que tout le monde a compris.
Le titre Hotel Yotsuya a été un moment très fort de ton live à La Cigale. Quelle place donnes-tu à ce single dans ta carrière musicale ?
Avant mon départ, j’entendais souvent les gens parler de buzz. À mon retour, je suis heureux qu’on reparle d’impact. Quand les deux cohabitent, ça crée quelque chose de rare. Je crois que l’énergie qu’il y avait à La Cigale lorsque Hôtel Yotsuya a retenti ressemblait à ça.
On te voit de plus en plus porter un cache-œil, notamment sur tes récents shootings ou live. Quelle est la signification ou la référence derrière cet accessoire ?
Depuis mon voyage, j’ai encore un peu de mal avec cette lumière. J’ai appris à voir dans le noir. Ce serait dommage d’oublier.

Conçois-tu tes projets comme des « arcs » d'un manga ou d'une série ? On a eu cette sensation dès tes débuts avec tout l'univers créé autour de Radio Suicide par exemple, puis avec Chaos Kiss.
Je ne sais pas si ce sont des arcs de Mangas. Je sais juste qu’on est arrivé devant le dragon. Et que les tambours résonnent.
Ta communication sur les réseaux avant la sortie de Yamoto a beaucoup fait réagir, d'autant qu'elle faisait suite à un long silence de ta part. Quel est ton rapport aux réseaux sociaux et comment aimes-tu jouer avec ?
J’ai encore un rapport un peu étrange aux réseaux sociaux. Heureusement, Maëva me réhabitue doucement à la civilisation.
Pour conclure, peux-tu nous dire quelques mots sur ton prochain album à venir ?
Je suis un combattant de MMA au milieu de catcheurs. Ça ne me dérange pas. Parce qu’au fond, tout devient réel quand le gong retentit.