Elle devait passer un mois à Los Angeles. Elle n'en est jamais vraiment repartie. Dina Ayada avait 19 ans, un dossier d'inscription en droit à l'université d'Anvers, et des freestyles qui tournaient en boucle sur TikTok. C'est de là que tout a basculé : cette notoriété digitale lui a ouvert les portes du marché américain, où elle a signé son premier contrat avec une maison de disques. Aujourd'hui, à 22 ans, l'artiste belgo-marocaine sort IDENTITY, son premier album produit par Gunna, devenu mentor, ami, et producteur exécutif. Entre ses racines arabes, son développement anversois et son flow forgé à L.A., Dina Ayada incarne une nouvelle vague qui transcende les frontières et n'a pas fini de les effacer.
Look full cuir : ENAMI
Tu étais à Paris pour la Fashion Week. Quelle a été ton expérience de cette semaine ou tes moments préférés ?
Honnêtement, je voulais juste profiter du moment. J'ai rencontré des gens inspirants, j'ai revu des artistes que je connaissais déjà, j'ai découvert les nouvelles collections et j'ai porté des tenues géniales. Big up à ma styliste, Kate Housh. Je me suis tellement amusée parce que la Fashion Week de Paris, pour moi, c'est vraiment une question d'énergie et de créativité.
J'étais là pour tout absorber et vivre l'expérience à fond. C'était très intense, chaotique et impressionnant, mais ça avait beaucoup de sens pour moi. C'était ma première Fashion Week à Paris et j'ai pris beaucoup de plaisir.
En parlant de mode, tu cultives un vrai sens du style, avec des tenues très pointues. Quelles seraient tes plus grandes influences ?
Je dirais que je suis très inspirée par le style hip-hop des années 90. C'est pour ça que je porte des vêtements larges (baggy). Mais j'essaie toujours de me l'approprier et de le moderniser, parce que je n'aime pas trop être comparée à d'autres artistes. Je veux être ma propre personne et avoir ma propre identité.
Cela dit, je m'inspire de beaucoup de choses autour de moi : des designers, des stylistes, des amis et d'autres artistes. Gunna notamment. Gunna m'inspire énormément.
J'ai aussi toujours aimé le style d'Aaliyah, cette ambiance old school. Et j'aime beaucoup des marques comme Rick Owens et Margiela. J'adore aussi soutenir les marques de mes amis, comme 6PM. L'inspiration est partout pour moi, mais le but est toujours de rester fidèle à moi-même.
Tu viens de sortir IDENTITY. Que signifie cet album pour toi ? Quelles étaient tes intentions ?
Je dirais que cet album est vraiment le reflet de ma vie et de mes expériences en tant que jeune artiste féminine, car j'ai 22 ans maintenant. Ça parle de la vie, des chagrins d'amour, de la croissance... des choses réelles de la vie.
Quand j'étais plus jeune, ma musique était plus légère car je n'avais pas grand-chose à dire ou je n'avais pas encore vécu beaucoup d'expériences. Mais maintenant, je sens que j'ai tellement plus à exprimer et à partager.
Je voulais aussi expérimenter différents sons et styles parce que je n'aime pas m'enfermer dans une case. Je me vois comme une artiste polyvalente et IDENTITY était ma façon de le montrer. C'est beaucoup plus mature, un peu plus sombre, et destiné à toucher un public plus large. Mon but principal était d'attirer de nouvelles audiences.

Look full cuir : ENAMI / Bagues : Tant d'avenir
Tu travailles avec Gunna depuis un certain temps. Comment la collaboration a commencé et comment ça se passe sur ce nouveau projet ?
C'est fou parce que je lui ai juste envoyé un message. On s'écrivait, mais on s'est rencontrés en tournée en 2024 quand je faisais sa première partie sur sa tournée américaine. J'ai rencontré lui et son équipe et on a tout de suite accroché, ce qui est vraiment rare.
Après la tournée, on est restés en contact et on a commencé à se voir plus souvent, principalement à LA. Puis un jour, très naturellement, Gunna m'a dit qu'il voulait être le producteur exécutif de mon premier album. Et j'ai dit : “let's go !”.
Tout s'est fait de manière organique. Rien n'a été forcé. C'est sincère et réel, et c'est ce qui a rendu cette collaboration très spéciale pour moi.
Dans IDENTITY, sur “no rush”, tu décris ton parcours vers le succès. Comment cela se traduit-il dans ton quotidien ces dernières années ?
Venir d'Europe et construire une carrière aux États-Unis peut être très impressionnant et intimidant, surtout à un jeune âge. Ces dernières années, j'ai tellement appris et j'ai beaucoup mûri.
J'ai plus confiance dans le processus. Je suis plus patiente et nettement plus confiante qu'à mes débuts. J'ai appris l'importance de s'entourer des bonnes personnes, d'une bonne énergie, d'une vision commune, et de s'éloigner immédiatement des histoires (drama) ou des situations qui ne nous apportent plus rien.
Tu as déjà franchi des étapes importantes. Comment t'imagines-tu dans le futur dans l'industrie musicale ? Quels sont tes objectifs ?
Forcément plus de musique, plus de mode, et travailler avec les meilleurs. Je veux continuer à grandir, à faire de la scène et à partager ma musique avec le monde entier.
Une chose que je me vois vraiment faire, c'est collaborer avec Pharrell. Je respecte son travail, l'artiste, le designer, tout ce qu'il dégage. Je me vois comme la version féminine de Pharrell Williams dans quelques années, c'est certain.

Veste : AFRAID OF YOUR OWN SHADOW
Ta collaboration de rêve, ce serait donc Pharrell Williams ?
Oui ! Je l'ai rencontré au dîner Kenzo pendant la Fashion Week de Paris. Il était si gentil, si ouvert, avec une super énergie. C'est là que j'ai su immédiatement : tout est une question de timing divin et tout arrive au bon moment.
J'ai aussi toujours rêvé de travailler dans la mode. J'aimerais créer ma propre collection de vêtements un jour. Je viens de lancer ma première campagne avec Salomon. J'ai beaucoup de respect pour eux parce que j'ai l'impression que le monde découvre Salomon en ce moment. C'est un mariage parfait : l'image, la créativité et l'esthétique. Je suis honorée de travailler avec eux.
Tu as une grosse présence numérique sur Instagram. Quel message veux-tu transmettre à tes fans ?
Je veux qu'ils croient en eux. Qu'ils fassent confiance au processus, mais qu'ils travaillent dur aussi, parce que sans travail, rien n'arrive. C'est une chose que j'ai apprise avec certitude.
Battez-vous pour ce en quoi vous croyez. Je pense que nous sommes tous des superstars et que tout est possible si on s'en donne les moyens. Beaucoup de gens me connaissent pour incarner cette idée que “tout est possible”. Mais j'ai travaillé dur pour en être là.
Je suis l'exemple même du “on peut y arriver” si on n'abandonne pas et qu'on n'écoute pas la négativité. Si vous aimez vraiment ce que vous faites, vous arriverez là où vous voulez être, quoi qu'il arrive.
Tu es Belgo-Marocaine et une jeune artiste femme. Comment as-tu trouvé ta place à LA et dans cette grande industrie ? Quels ont été les défis ?
Honnêtement, je n'ai pas trop réfléchi. J'y suis allée, j'ai cru en ce que j'avais à offrir, mon talent et mon image. Rien n'est facile ou ne tombe du ciel. J'ai travaillé très, très dur pour arriver ici, et je travaille encore. Ce n'est que le début.
Concernant les défis, en tant que femme artiste aujourd'hui, j'ai l'impression que nous ne sommes pas assez reconnues. J'espère que les femmes obtiendront autant de respect que les hommes dans ce milieu.
Mais pour ce qui est des difficultés dans l'industrie, je reste loin des énergies négatives et des gens dont je ne devrais pas m'entourer. Je garde un état d'esprit très positif, je m'entoure de personnes formidables et je continue d'avancer. C'est tout.

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