Balenciaga est accusé de plagiat par une étudiante en Arts berlinoise

Des accusations très sérieuses.

balenciaga campagne automne/hiver 2020

Il y a quelques jours, Balenciaga postait sur son compte Instagram une photo intrigante, sur laquelle apparaissait une moto recouverte de plusieurs vêtements. Rien de bien surprenant au premier abord, et pourtant, derrière cette photo se cache une histoire qui pourrait ternir un peu plus l’image de l’enseigne française. C’est le célèbre lanceur d’alertes de la mode @diet_prada qui a une fois de plus frappé, en mettant la lumière sur cette affaire douteuse. En effet, le compte a relayé les propos d’une jeune étudiante berlinoise prénommée Tra My Nyugen, qui accuse Balenciaga, arguments à l’appui, de lui avoir tout simplement volé son travail.

En juin 2019, l’étudiante a réalisé son projet de master qui rendait hommage à la culture de la moto féminine au Vietnam, pays dont elle est originaire. S’inspirant de l’histoire de sa propre mère qui dû vendre sa moto pour émigrer en Allemagne, le projet de Tra My consistait à envelopper des vêtements sur des motos pour créer des « sculptures portables ». Un mystérieux “recruteur” de Balenciaga a vu son travail et l’a par la suite contactée pour lui demander d’envoyer son portfolio. Déjà en possession de ce dernier, la marque a renouvelé sa demande en octobre dernier, en demandant des photos supplémentaires de sa collection actuelle, ajoutant qu’elle était en recherche de stagiaires. Étrangement, après avoir envoyé l’ensemble des images, Tra My n’a plus jamais eu de nouvelles de la part de l’équipe de Balenciaga.

C’est ainsi avec stupéfaction que quelques mois plus tard, la jeune étudiante découvre la fameuse photo postée par la marque, une image quasi à l’identique de celles qu’elle avait envoyées précédemment, où la seule différence est que la photo est cette fois-ci enveloppée dans des vêtements Balenciaga. Pour le reste, tout semble similaire, y compris l’angle et l’arrière-plan de la photo. Pourtant, bien que l’inspiration soit flagrante, le nom de Tra My Nguyen n’est mentionné nulle part.

La berlinoise a immédiatement réagi de manière virulente dans un post Instagram, dans lequel elle s’adresse directement à la marque pour leur demander des explications: « Quelle est votre inspiration ? Pourquoi est-ce que vous drapez des vêtements sur une moto ? Que voulez-vous nous dire avec cette photo » écrit-elle en ajoutant pour mot final : « Je ne suis pas votre moodboard ! ». Pour le moment, la maison françaises n’a pas réagi à ces allégations, mais force est de constater qu’au vu des éléments apportés par la jeune femme, ces accusations semblent très sérieuses. Affaire à suivre.

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@balenciaga is known to turn out some of the most innovative runway presentations of the last few years and their sculptural silhouettes honor the house’s legacy while expanding upon it. Unfortunately, a lot of this mastery seems lost in translation between departments. ⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀ In June 2019, artist Tra My Nguyen ( @tra.my1 ) , then a student at Berlin University of the Arts, explored Vietnam's female motorbike culture for her master’s project. Drawing inspiration from her own family history wherein her mother sold her bike in order to immigrate to Germany, she collaged and wrapped clothing over motorbikes to create “wearable sculptures.” ⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀ The next month, a “recruiter” from Balenciaga attended a master’s presentation and requested Nguyen's portfolio. Already in hand, she followed up again in October with a request for photos of her current collection. The Balenciaga creative development strategist, whose position was verified through LinkedIn, told Nguyen they were looking for interns. After sending her portfolio with multiple process images, she never received a reply. ⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀ Now, Balenciaga’s Instagram feed shows a near identical image to Nguyen’s sculpture, but wrapped in Balenciaga clothing. Even the backdrop and angle of the photograph is uncannily similar, though the caption made no mention of the inspiration or credit to Nguyen. ⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀ As the creative director of Balenciaga, Demna Gvasalia knows full well the power a luxury brand has to elevate the work of independent creatives. For his inaugural Balenciaga SS17 menswear collection, he tapped British menswear designer Martine Rose to consult. Rose, then a relative outsider who founded her label a decade prior, was encouraged by Gvasalia to publicize their partnership, which elevated her profile and was pivotal in growing her namesake business. But too often, brands choose the easier route of copying, while unwittingly leaving a trail of receipts. ⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀ In Nguyen’s Instagram post, she implored Balenciaga about their post. “What is your inspiration? Why are you even draping garments over a motorbike? What do you want to tell us with this pic!,” she said. “I am not your moodboard!”

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